« Adagio maladie »
 
Monologue pour deux corps
 
Interprètes : France Hervé, Frédéric Prévost
Création musicale : Siegfried Canto, Christine Massetti
Création lumières : Violaine Burgard, Célia Idir
 
Texte sélectionné cette saison par le Comité de lecture des Écrivains Associés du Théâtre
 

 

 

 

 

Sur le plateau dépouillé, une femme et un homme renouent les fragments d’un monologue comme autant d’impromptus. Monologue pour deux voix d’une guerre de cinq années contre une maladie qui souvent ne se dit pas.

Dans son trajet qui la confronte à la mort, la narratrice croise des compagnons de route, fugitifs mais si proches.

Le récit relate les profondeurs souvent ignorées d'un monde enfoui dans la désespérance et d'un combat mené jusqu'à regagner les forces de vie.

Les remémorations surgissent par accès puis s’évanouissent dans le noir du coma, de l’absence à soi et au monde.

Tour à tour, en écho, les deux interprètes sont la langue fulgurante de la narratrice, des voix aussi de ceux qu’elle fait revivre.

Les corps – comme un seul – se révèlent soudainement dans des couloirs de lumière qu'ils arpentent, délivrant des éclats de souvenirs puis retombent à nouveau dans l’obscurité de l’oubli.

La lumière, élément essentiel de la scénographie, intervient avec des fondus, des passages au noir, des ouvertures lumineuses à la manière d’un film.

La musique s’insinue entre et à l’intérieur des fragments du récit. Elle intervient comme source de remémorations pour les deux comédiens incarnant la narratrice, en écho à l’exploration de l’intime.

L’écriture fragmente et distord une langue qui parle le corps au plus proche des mouvements intérieurs.

Aventure théâtrale ouverte sur le partage de l'intime et de ce qui l'inclut dans le monde.

 

Création 2016 : Adagio
Création 2016 : Adagio
Création 2016 : Adagio
Création 2016 : Adagio
Création 2016 : Adagio
Création 2016 : Adagio
 

 
Extrait

 J'ai vite.

À peine debout et ça peine à tenir. Deux bouts deux pieds levés vite et en place. Debout. Les membres tremblent encore de la veille. Non. Ça tremble parce que la veille. De trop. Se taire et vite de tout ça qui gigote malgré soi. Éteindre le tremblement de la veille de trop. Vite. D'abord coucher cadavres de la veille de trop puis recouvrir avec papier journal et sacs plastiques. Moins sonore comme ça au moment du jeté dans poubelle commune. Tout un art et tout ce temps pour. Puis descendre angéliquement poubelles  bien scellées dans poubelle commune. La peur au ventre s'assurer d'un temps minimum parfois si court quoi cinq minutes et courir au plus près à corps perdu avant que le laps ne soit écoulé. Deux temps trois mouvements un corps qui court et revient sur ses pas c'est pas l'bon sac il faut l'autre plus grand plus du liquide pour. Ça donc avec combien de liquide vaisselle inutilement acheté mais combien précieux celui-là de liquide. Puis retour la peur au pas de course comme le laps s'écoule. Contre montre je remontre le temps. J'ai vite. Évter voisinage puis tremblement transpirant ouvrir tout ça en même temps qu'ouvrir le robinet de l'évier en grand. Éteindre le bruit le bruit du débouchage. Tout un art et tout ce temps pour. Disséminer tout ça après que débouché partout ici ou là mais d'abord dans la bouche. Au moins deux points de chute. Ici et là voilà mais déjà je l'entends. Après ça épier allées venues de l'autre dans l'appartement et alterner points de chute la peur au goulot qu'il inopinément abrège. Lui et le téléphone de l'autre côté d'ici et que l'idée vienne à lui alors de venir depuis l'autre côté ici et bouche au goulot découverte alors.


 

 

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Une première version de l'écrit avait donné lieu à des lectures publiques à Paris et Pantin au cours de la saison 2014-2015.Sur scène le comédien Frédéric Prévost incarnait le monologue, portant en lui-même le masculin et le féminin.

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À la demande de l'Hôpital Sainte-Anne, une seconde version fut proposée avec cinq jeunes comédiens et un pianiste du Conservatoire à Rayonnement Départemental de Pantin dans les jardins de l'hôpital.

 

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