Textes : Anne Sultan
Photos et vidéos : Josette Sultan pour la Cie du Manège
© 2014-2016  Anne Sultan, Compagnie du Manège

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« Adagio maladie »
 
Monologue pour deux corps
 
Interprètes : France Hervé, Frédéric Prévost
Création musicale : Siegfried Canto, Christine Massetti
Création lumières : Violaine Burgard, Célia Idir
 
Texte sélectionné cette saison par le Comité de lecture des Écrivains Associés du Théâtre
 

 

 

 

 

Sur le plateau dépouillé, une femme et un homme renouent les fragments d’un monologue comme autant d’impromptus. Monologue pour deux voix d’une guerre de cinq années contre une maladie qui souvent ne se dit pas.

Dans son trajet qui la confronte à la mort, la narratrice croise des compagnons de route, fugitifs mais si proches.

Le récit relate les profondeurs souvent ignorées d'un monde enfoui dans la désespérance et d'un combat mené jusqu'à regagner les forces de vie.

Les remémorations surgissent par accès puis s’évanouissent dans le noir du coma, de l’absence à soi et au monde.

Tour à tour, en écho, les deux interprètes sont la langue fulgurante de la narratrice, des voix aussi de ceux qu’elle fait revivre.

Les corps – comme un seul – se révèlent soudainement dans des couloirs de lumière qu'ils arpentent, délivrant des éclats de souvenirs puis retombent à nouveau dans l’obscurité de l’oubli.

La lumière, élément essentiel de la scénographie, intervient avec des fondus, des passages au noir, des ouvertures lumineuses à la manière d’un film.

La musique s’insinue entre et à l’intérieur des fragments du récit. Elle intervient comme source de remémorations pour les deux comédiens incarnant la narratrice, en écho à l’exploration de l’intime.

L’écriture fragmente et distord une langue qui parle le corps au plus proche des mouvements intérieurs.

Aventure théâtrale ouverte sur le partage de l'intime et de ce qui l'inclut dans le monde.

 

Création 2016 : Adagio
Création 2016 : Adagio
Création 2016 : Adagio
Création 2016 : Adagio
Création 2016 : Adagio
Création 2016 : Adagio
 

 
Extrait

 J'ai vite.

À peine debout et ça peine à tenir. Deux bouts deux pieds levés vite et en place. Debout. Les membres tremblent encore de la veille. Non. Ça tremble parce que la veille. De trop. Se taire et vite de tout ça qui gigote malgré soi. Éteindre le tremblement de la veille de trop. Vite. D'abord coucher cadavres de la veille de trop puis recouvrir avec papier journal et sacs plastiques. Moins sonore comme ça au moment du jeté dans poubelle commune. Tout un art et tout ce temps pour. Puis descendre angéliquement poubelles  bien scellées dans poubelle commune. La peur au ventre s'assurer d'un temps minimum parfois si court quoi cinq minutes et courir au plus près à corps perdu avant que le laps ne soit écoulé. Deux temps trois mouvements un corps qui court et revient sur ses pas c'est pas l'bon sac il faut l'autre plus grand plus du liquide pour. Ça donc avec combien de liquide vaisselle inutilement acheté mais combien précieux celui-là de liquide. Puis retour la peur au pas de course comme le laps s'écoule. Contre montre je remontre le temps. J'ai vite. Évter voisinage puis tremblement transpirant ouvrir tout ça en même temps qu'ouvrir le robinet de l'évier en grand. Éteindre le bruit le bruit du débouchage. Tout un art et tout ce temps pour. Disséminer tout ça après que débouché partout ici ou là mais d'abord dans la bouche. Au moins deux points de chute. Ici et là voilà mais déjà je l'entends. Après ça épier allées venues de l'autre dans l'appartement et alterner points de chute la peur au goulot qu'il inopinément abrège. Lui et le téléphone de l'autre côté d'ici et que l'idée vienne à lui alors de venir depuis l'autre côté ici et bouche au goulot découverte alors.


 

 

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Une première version de l'écrit avait donné lieu à des lectures publiques à Paris et Pantin au cours de la saison 2014-2015.Sur scène le comédien Frédéric Prévost incarnait le monologue, portant en lui-même le masculin et le féminin.

Anne-Sultan-HomeEcritadagioExterieur

À la demande de l'Hôpital Sainte-Anne, une seconde version fut proposée avec cinq jeunes comédiens et un pianiste du Conservatoire à Rayonnement Départemental de Pantin dans les jardins de l'hôpital.

 

© Cie du Manège

Anne SultanAnne SultanNée.
Giflée par les corps distordus dans May B de Maguy Marin un soir après le lycée. Entre dans la danse. Travaille alors à tarer son corps. Jusqu’entendre l’enfant spectateur dire un soir à son père « ils dansent faux ». Merci l’enfant. S’investit dans la compagnie du chorégraphe Boris Jacta. Chorégraphie depuis 2001 dans un danser-faux de la marche, de la chute. Désarticule sa danse en lignes brisées, cassées. S’étire jusqu’à risquer ses propres limites. Se tord en solos, duos, dans des théâtres ou des couloirs désaffectés. Débarque inopinément dans des salles de classe et des cours d’école. S’expose sur tables en cours de chimie.

Incite les enfants à creuser leur danse. Danse en silence et sonorise le mouvement. Danse en musiques créées par le compositeur Siegfried Canto.
Écrit en résidences de création.

Tombe gravement malade. Une guerre de cinq années. Se bat se débat à temps plein. Ressurgit après la capitulation de la maladie. Remonte sur scène. Danse faux parmi des radiographies devenues personnages. Écrit pour la scène. Écrit faux distord fragmente le corps de la langue. Écrit Adagio maladie.
Veut porter cet écrit sur scène.
À suivre.


Les ateliers et les créations sont en interaction et nourrissent leurs questionnements réciproques. On explore un langage du corps qu’on s’autorise à découvrir en faisant. Ne pas penser à bien faire mais faire juste, pour soi. Faire aussi pour les autres, avec eux. Dialogues improvisés. En silence, à deux, à trois, à l’écoute du mouvement qui surgit dans le creuset du corps. À l’écoute des autres, changer les rythmes, se surprendre dans l’invention d’une forme. On investit les espaces de l’établissement. Voir autrement les corps, les lieux. Apprivoiser l’image avec parfois la vidéo. Observer sans juger. Être, non dans l’apprentissage du mouvement, mais dans la surprise de sa découverte.


Atelier
Atelier
Déforme, des formes, un corps, Collège Chantereine, Sarcelles


Atelier
Atelier
Atelier
Alice, Collège Massillon, Paris


Atelier
Atelier
Atelier
Atelier
Des jambes à mon cou, Collège Massillon, Paris


Atelier
Atelier
Les écrans marionnettes, Collège P.Neruda, Gagny


Atelier
Atelier
Atelier
Atelier
Atelier
J’ai inventé la marche, ateliers à l’Institut d’Education Motrice de Bailly (78)
Déjouer dans le mouvement la chute, la marche, les accidents du geste et du corps.

Vidéo et photos d’après vidéos : Josette Sultan
© Cie du Manège

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